Puérilité en 6ème Commission

 

Dans la cour de récréation de la Sixième Commission on joue au chat et à la souris. Depuis quelques jours, les enfants s’acharnent à ennuyer le responsable en charge de les surveiller. Un petit iranien, le rigolo de la classe, ne semble pas vouloir aborder avec sérieux le jeu décidé par les autres élèves. Son meilleur ami, un russophile invétéré, boude dans son coin depuis la veille. Parler des opérations de maintien de la paix ne semble pas lui faire plaisir, et les règles du jeu (mal ?) expliquées dans la matinée par le surveillant n’ont pas été comprises. Quelques élèves semblent d’accord avec ces deux fauteurs de troubles, mais la plupart aimeraient seulement jouer avant que la cloche, qui sonnera le glas de GIMUN et le retour en classe, ne cède la place à la nostalgie des débats. En milieu de matinée, punis à plusieurs reprises par un organisateur, légèrement (oh disons-le : « très ») à cheval sur le règlement de l’école, les deux petits dictateurs en puissance décident de faire l’école buissonnière. S’ensuit alors un conseil scolaire avec un des directeurs de l’école (nous l’appellerons « Ambassadeur ») qui, faute de pouvoir faire sans les mauvais élèves et le caractère buté de leur surveillant, ne fait que clarifier les règles du jeu. « C’est n’importe quoi !» s’offusque une élève asiatique. Si les tensions se calment alors, au milieu de la récré, ce n’est que vers 15h que les enfants réussissent de nouveau à s’amuser. Par professionnalisme, abandonné pour un temps par les membres de la commission, nous ferons tout de même un bilan de la journée. Après avoir revu certains amendements concernant les OMP (voir édition précédente), les délégués ont fini par clôturer l’étude de ce sujet. Comme par magie, seule à même de calmer les turbulences de la matinée, les premiers débats sur la compétence universelle furent assez enrichissants. Les pays africains, appuyés par l’Iran, soulignent une forme de « double standard » en faveur des pays occidentaux dans l’usage de cette juridiction. Le Venezuela aimerait quant à lui évoquer la création d’une liste de crimes pouvant légitimer l’usage de cette compétence. Enfin, il semblerait que les débats de demain s’orienteront sur la hiérarchisation entre justice internationale et souveraineté nationale en vue de clarifier la législation actuelle. Si cela vous parait bref, c’est malheureusement à l’image de la perte de temps de votre journaliste attitré…