Un président américain à Cuba ?

Après plus de cinquante ans de relations houleuses entre Cuba et les Etats-Unis le 17 décembre marque clairement un tournant dans les relations entre ces deux pays. Barack Obama déclare sur ABC qu’une visite à Cuba, avant la fin de son mandat en 2017, n’est pas inenvisageable. Son homologue cubain évoque en parallèle et avec la même certitude une tentative de normalisation de la situation d’embargo.  « Nous sommes tous américains » déclare  le président Obama pour préciser son désir de stabilité et de renforcement du dialogue entre leurs Nations.

En 2004, alors sénateur de l’Illinois, son positionnement sur la question était assez similaire mais il rejoint rapidement les sentiers battus une fois en poste à Washington. Certains assouplissements furent mis en place, dans la lignée de Bill Clinton en 1998, mais ce processus fut interrompu en 2009 : le gouvernement cubain condamne Alan Gross, ex-agent fédéral américain à 15 ans de prison. S’ensuivent alors cinq années de négociations intenses et tendues entre les deux pays qui aboutirent finalement à la libération du condamné comme d’un certains nombres de prisonniers cubains et américains.

Il semble que le Pape François ait joué les médiateurs ces huit derniers mois pour qu’un dialogue apaisé puisse reprendre. Ces discussions discrètes et la libération de ressortissants des deux pays aboutissent finalement à l’annonce du 17 décembre et aux mesures qui l’accompagnent : Barack Obama appelle à des relations diplomatiques saines avec Cuba à commencer par la mise en place d’ambassades dans les deux pays. De même, il envisage un engagement économique et financier avec le pays insulaire, coupé des capitaux américains depuis quelques décennies. Enfin, c’est leur statut de « terroriste », hérité des révolutions sud-américaines du XXème siècle, qui devrait disparaitre aux vues des récentes évolutions de ce phénomène de par le monde. Raul Castro espère quant à lui une levée totale et définitive du blocus, ou embargo, américain dans les années à venir.

Le président américain n’a pas donc pas hésité à ouvrir un débat qui bien qu’aujourd’hui anachronique, semble encore heurter les esprits : Marco Rubio, sénateur républicain de Floride, terre d’exil pour bon nombre de réfugiés cubain, s’offusque d’une telle prise de position. En effet, l’embargo se veut aussi politique et engagé contre la gouvernance castriste accusée d’opprimer son peuple depuis 1959. A ces accusations d’abandon du peuple cubain, les nouvelles générations américano-cubaines souhaitent à 52% la fin de ce régime d’exception même si ils jugent que Cuba a besoin d’un véritable changement politique. C’est aussi l’avis du Président Obama qui souhaite substituer à la politique de la barrière celle de la main tendue.

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