Des indigènes geeks défendent la forêt

L’annonce d’une stagnation des rejets de CO2 en 2014, après cinquante ans d’escalade de pollution, ne pouvait retomber plus à plat. Au cœur de ce phénomène : la déforestation amazonienne. Depuis un demi-siècle, près d’un cinquième du poumon vert de la planète a disparu. Résultat d’une exploitation illégale et intensive des forêts mais aussi du réchauffement climatique.

Un récent rapport de l’INRA explique que les niveaux de CO2 réduisent la longévité arboricole sud-américaine. Un homme se dresse pourtant dans ce combat. Son arme : Google Earth. Coiffé de sa couronne de plumes, Almir Narayamoga, 36 ans, est le chef du peuple Surui de la grande réserve indienne au cœur de la forêt brésilienne.

Depuis le début des années 2000, il s’attaque aux bûcherons qui dévastent les terres de son peuple. Le choc de la dévastation environnementale dans sa région débute avec la découverte des cartes interactives de Google à l’université de Goiana au Pernambouc. Depuis, son combat ne cesse de prendre de l’ampleur. Il est même allé jusqu’à contacter les dirigeants Google qui, émus par son discours engagé, décidèrent de fournir du matériel high-tech aux membres de sa tribu.

Ordinateurs, smartphones et GPS sont donc utilisés dans leur lutte, ce qui inquiète grandement les exploitants. Le gouvernement brésilien ne peut nier, face à ces preuves flagrantes, les proportions du problème et l’identification de ses responsables. La réputation grandissante de Narayamoga lui vaut alors de nombreuses menaces de mort. Sa tête, mise à prix, l’oblige à demander la protection brésilienne et l’usage de gardes du corps au quotidien. Il parcourt le monde pour répandre son message, tout simplement et avec naturel : « Après tout je suis un écologiste-né, puisque né dans la nature ». Son livre, Sauver la planète.

Le message d’un chef indien d’Amazonie, récemment présenté au Salon du livre à Paris, expose son projet immédiat : planter un million d’arbres à l’horizon 2050 dans sa région natale. Une belle vision dans l’ère du temps qui renouvelle la tradition écologiste indigène : la graine est plantée à vous de l’arroser !

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