Dernier vol pour le réchauffement

Alors que Solar Impulse 2 prend son envol (écologique) autour du monde, les 194 pays membres de l’ONU s’enfermaient, début février, à Genève, suite à « l’appel de Lima », pour discuter de la question climatique.

« Nous avons obtenu ici un texte de négociation officiel, qui contient les avis et les préoccupations de tous les pays. Le brouillon de Lima a été transformé en un texte de négociation et jouit de la pleine propriété de tous les pays » a déclaré Christiana Figueres, Secrétaire exécutive de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). À l’issue d’une semaine de débats, un texte de 86 pages a vu le jour. Il constituera le socle des négociations de la grande conférence sur le climat (COP21) qui se tiendra à Paris en décembre prochain.

Mais, qu’on ne s’y trompe pas, le réchauffement climatique reste problématique. Le protocole de Kyoto a presque dix ans et pourtant, la tendance globale reste alarmante. Émissions de gaz, déforestation et agriculture intensive continuent de produire leurs effets sur la planète et la communauté internationale ne semble pas parvenir à contenir le réchauffement sous le seuil critique des 2°C. Pour adopter l’accord sur le climat, tous les pays doivent tomber d’accord sur un traité à mettre en œuvre à l’horizon 2020. C’est peut-être l’un des défis majeurs de notre époque et une considération importante pour les Nations Unies.

Or, le Canada, mais aussi le Japon et la Nouvelle-Zélande, se sont déjà désengagés du processus, sans aucune sanction internationale. De la même manière, la partition Nord-Sud clairement invoquée à Kyoto en 1997 n’a plus aucune légitimité aux vues du développement de certains pays émergents (comme la Chine ou l’Inde). Selon eux, ils ne sont pas à l’origine du réchauffement et ne considèrent pas devoir freiner leur développement pour un phénomène issu des révolutions industrielles occidentales du XIXème. Cette opposition ne facilite pas la gestion mondiale des émissions de gaz et leur impact environnemental. La communauté internationale butte donc, pour le moment, sur des logiques d’intérêt national.

Vers un meilleur contrôle ?

Le grand problème semble résider dans l’absence d’entité de contrôle environnementale. Les traités ont beau être signés, certains pays s’émancipent de leurs devoirs, parfois par choix, souvent par manque de moyens. Faute de sanctions effectives et d’une réglementation stricte au développement, donc d’un accord de moyen plus que de principe, il est probable que nous ne contrôlerons pas ces variations climatiques. Les instances internationales appellent donc à un partenariat mondial plus soudé, au cœur des négociations.

Quelques pistes sont déjà évoquées, avec plus ou moins d’entrain, pour parvenir à ces fins : le stockage du carbone dans les sols, dont les effets restent encore inconnus sur le long terme, ou encore la mise en place d’une taxe à l’import ou à l’export en fonction de la « propreté » des productions agricoles. Les sanctions économiques semblent, quant à elles, ne pas être appliquées ou seulement avec réticence par les pays concernés. Une idée intéressante, évoquée en France, serait de supprimer les taxes pour les énergies renouvelables, poussant ainsi les industriels à s’intéresser à ce secteur « propre ».

On ne peut bien sûr parler d’environnement sans les climatosceptiques qui tentent de minimiser le phénomène. Willie Soon, astrophysicien américain, vient d’ailleurs d’être accusé de recevoir depuis plusieurs années des fonds de la part d’industries pétrolières. Leur but : orienter les recherches sur le climat vers un avis plus clément pour les lobbys du pétrole. Il n’est donc pas ici uniquement question de contrôle national mais aussi d’entreprises mondiales qui pèsent lourd dans les négociations et doivent donc être surveillées.

On espère que les pays membres pourront, d’ici décembre, préparer le décollage de notre révolution environnementale.

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