Rencontre journalistique avec Philippe Souaille

Les journalistes aussi ont eu droit à leur intervenant ! Philippe Souaille a partagé avec nous son parcours journalistique, mais également son expérience en relations internationales et il a répondu nos questions. À l’heure où le journalisme est en crise, à la fois à cause d’un désintérêt croissant du public mais aussi des rédacteurs qui migrent vers des cieux plus cléments, son parcours fait chaud au coeur. Notre invité a étudié l’ethnologie avant de se lancer dans la presse écrite, la radio et la télévision et il se consacre depuis quelques années à la gestion d’une entreprise de production documentaire. Sa référence, et notre cadeau, furent Le Secret des Dieux, un documentaire sur la crise de 2008. Le plus important, nous dit-il, c’est l’enthousiasme. C’est ce qui nous distinguera de nos confrères 90 % du temps, ce qui nous permettra d’arriver à nos fins ou simplement de dénicher des scoops. Il n’ira pas tellement plus loin dans la présentation, mais s’ensuivent alors de longs échanges de questions et de réponses intéressantes. Beaucoup d’entre nous s’intéressent au numérique et à la presse en ligne. Sa vision de la révolution internet est assez optimiste même s’il en souligne les dangers. La multiplicité de l’information pourrait être un frein à la démocratisation du traitement de l’actualité. Les théories du complot mais aussi les sites mensongers amènent les lecteurs à remettre de plus en plus en question l’information et du même coup les journalistes. La presse professionnelle, qui souhaite rester rentable, connaît une certaine concurrence économique avec ces autres sites et perd ainsi une accessibilité essentielle pour les lecteurs. « Tout cela est assez effrayant » selon lui. Il nous parle alors de son expérience à La Tribune de Genève, ses déboires au Macumba (boîte de nuit dont il couvrit l’ouverture et qui ferme ses portes ce weekend…) et ses expériences d’autocensure. Histoire d’un journaliste engagé et subjectif qui a préféré l’actualité aux affres de la recherche en sciences sociales. Peut-être une manière de se rapprocher de son rêve d’enfant pour « résoudre les grands problèmes du monde ». Aujourd’hui, il fait la part belle au cinéma et à la fiction (même si tous les médias sont complémentaires à ses yeux), nous donnant l’aperçu, en ce dernier jour de GIMUN, d’un homme aux multiples facettes dont on espère un jour pouvoir, faute d’en suivre les traces (de café) emprunter les jeans (une private joke qui clôturera la belle expérience de nos chroniques).

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