OMP : Vers une appréhension plus contemporaine

C’est l’un des sujets qui retiendra toute l’attention de la Commission juridique lors de la conférence annuelle de cette fin mars. Les opérations de maintien de la paix (OMP) ont déjà beaucoup évolué depuis la première ONUST en 1948. D’une vision traditionnelle axée purement sur la médiation en vue de stabiliser des situations de conflit à l’international, les interventions onusiennes prennent, au lendemain de la Guerre froide, un virage plus engagé. La résolution 2086 amorce ce tournant avec une vision plus large, voire multidimensionnelle, des OMP, qui se doivent de devenir de véritables acteurs dans la gestion de potentiels conflits par la communauté internationale. Elles peuvent d’ores et déjà assurer un appui stratégique aux parties en présence afin que se maintiennent les situations de paix. Plus que des médiateurs, les mandatés jouent aujourd’hui le rôle de conseillers et de garants du respect des droits de l’Homme comme de la gestion humanitaire. Subsiste pourtant un certain vide juridique quant à leurs rôles et obligations, qui les fragilise sur le terrain vis-à-vis des parties en présence et au sein même de l’ONU. Un des problèmes majeurs liés à ces opérations tient à leur absence de la charte des Nations Unies et donc au manque d’un cadre normatif réglementant globalement leur fonctionnement. Le rapport Brahimi a souligné en 2000 ces faiblesses, proposant de rendre les mandats « clairs, crédibles et réalistes » ; ce qui constituera la ligne directrice de la Sixième Commission. Les principes d’intervention doivent également être revisités au regard des expériences mitigées de ces dernières années. Entre autres choses, le désastre humanitaire en RDC ou au Rwanda et les limites rencontrées plus récemment au Soudan du Sud amènent à repenser les exigences d’impartialité et de non-recours à la force qui sous-tendent ces opérations. La Commission s’attaquera donc à ces questionnements afin de redéfinir les OMP pour apporter une réponse juridique aux situations contemporaines d’interventions. Si les différents blocs s’accordent sur l’importance de cette concertation, ce sont les États-Unis et l’Europe qui semblent les plus impliqués, financièrement et logistiquement. L’Union africaine ne pourra quant à elle éviter de justifier les atteintes aux droits de l’Homme qui ont entaché ses dernières opérations. Ouverture des débats ce 23 mars.

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